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Les images semi abstraites de JW reflètent le constant va-et-vient entre la part culturelle et la part sensible, physique du monde. JW produit des images numériques dont elle malmène la pellicule en y distillant des liquides en tout genre. Qu’il s’agisse de vidéos personnelles ou provenant de l’industrie cinématographique d’Hollywood, le brassage de la matérialité se mêle au lyrisme fictionnelle de la vidéo.
Son processus consiste a explorer toutes les façons de détériorer la celluloïd, elle trempe le film dans des liquides (mascara, alcool..) le lacère avec divers objets, pour générer un visuel riche en couleurs et en mouvement. Influencée par le cinéaste expérimental, Tony Conrad, JW a choisi de décliner cette technique de façon systématique.
Les liquides et les objets sont toujours choisis selon une logique, propre au sentiment que veut faire évoquer l’artiste. Dans Dawn Surf Jellybowl Film (2011), elle gratte le film d’images de surfeurs avec une dent de requin et le fait tomber dans l’océan. Elle a également réalisé des films sur Nirvana, en s’appuyant sur les paroles de leurs chansons, plongeant le film dans de l'eau de Javel, des antiacides, des laxatifs et du thé Pennyroyal.
Retransmis à l’écran, le résultat est bluffant, les taches se jouxtent aux perforations pour créer une vision psychédélique totalement euphorisante. Son travail, presque obsessionnel est un écho aux échappées tangibles du cosmos , une façon pour JW de rapprocher la fiction avec la réalité.
Le travail de AB est le résultat d’une importante recherche documentaire, elle traite de sujets peu évoqués, presque oubliés de l’histoire. Les questions de l’environnement, du féminisme ou encore de l’immigration, sont mises en avant avec un focus particulier sur le rôle de l’individu dans la sphère publique et ses actes de protestation.
No olvidado (2010)
Cette œuvre-mémorial est consacré aux personnes qui ont perdu leur vie en traversant la frontière américano-mexicaine. A travers une chaîne remplie de fil de rasoir, on peut lire les noms des personnes décédées ; cette liste incomplète, devient symbole . L’artiste prône la tolérance et met en exergue le danger, toujours actuel, dont sont soumis les individus qui recherchent une vie meilleure.
Mercy mercy me (2009)
Inspirée d’une célèbre chanson
de Marvin Gaye qui a pour thème la dégradation de l'environnement, AB conçoit une série d’œuvres qui repose sur un voyage dans le Nord de l'Alaska où vivent 150 Amérindiens. Des
vidéos, des livres, des dessins et des documents d’actes de protestations attestent de l’urgence de la prévention des forages pétroliers dans le Arctic National Wildlife
Refuge. Avec la vidéo « Circle » des paysages panoramiques se mêlent aux interviews de quatre générations de femmes du village de
l'Arctique.

On assiste à une mise en scène, sensible, de la correspondance d'Emma Goldman (1908 à 1917) à son amant Ben Reitman. AB reproduit 8 feuillets significatifs dans la vie de cette fervente défenseuse des droits des travailleurs, des femmes et des prisonniers, qui a passé plusieurs séjours en prison dans le cadre de ses actions de protestation.
L’œuvre de AB se joue du temps et de l’information, de son constant renouvellement sur le web, qui met au défi l’individu de garder la trace du passé, pour mieux construire l’avenir. Radical et poétique, son discours s’approprie les cicatrices d’épisodes anecdotiques et devient la pierre angulaire d’une contestation en marche.

Palais de Tokyo, Paris, avril 2012
Avec un coup de feutre rapide et percutant, DP raconte le monde actuel au grès du contexte et des évènements, toutes sphères confondues. Sa démarche in situ, utilisant le mur du musée comme celui de la rue, est gage de circulation, même si ses dessins sont voués à disparaître; son travail s’inscrit au cœur du processus de la presse, où chaque nouvelle information chasse les anciennes. Son dessin-discours est une analyse brève et condensée d’un sujet ; nécessairement fragmentaire, il ne revendique pas un élément de réponse définitif mais ouvre plutôt une brèche, nous laissant matière à penser.
La communication est l’un des axes fondamentaux de son œuvre, DP se sert du dessin pour évoquer les rumeurs et les ressentis des populations au contact de leur environnement politique et économique et questionne le spectateur sur le mode de réaction à adopter.
Lors d’Anthroprogramming (1995, NYC) ses dessins se mêlent à une performance dans laquelle il couvre les murs d’une galerie de silhouettes caricaturales; une fois le mur rempli, DP efface tout, une façon de mettre en exergue l’autocensure, dont sont encore soumis les populations des régimes oppressifs.
Avide de liberté de parole, son travail se conçoit comme un diagnostic très pointu du monde sous l'apparente simplicité des esquisses.
Il vaut mieux éviter tout contact avec les formes de vie extra-terrestre, titre l’exposition de l’artiste Shimabuku, à Vassivière (France) . Avec cette reprise du cosmologiste Stephen Hawking, Shimabuku recentre la question de l’inconnu : il est déjà sur terre.
Eminemment poétiques, ces installations se conçoivent comme un livre de préceptes, de marches à suivre ou à penser.
Avec Quelque chose qui flotte / Quelque chose qui coule, une rivière artificielle emporte des pommes et des pommes de terre. A la manière d’une fable, l’artiste se plait à confondre ces fruits et légumes avec les spectateurs, faisant écho à La Fontaine, ces végétaux sont pris dans le courant ou stoppés par un obstacle, mais l’essentiel n’est-il pas d’arriver à point.. ?
Mon professeur la Tortue
Figure centrale dans le travail de l’artiste, la tortue symbolise le temps et son caractère irrémédiable. Le temps est suspendu un instant face à cet animal, l’artiste nous conte une ode à la lenteur, au moment présent et à la sagesse.. ?
Faire quelque chose que tu n’avais pas prévu
L’artiste invite les spectateurs à travailler leur drive dans un petit théâtre. Inattendue, l’œuvre se déploie et s’affirme : ralentir, accepter l’imprévu et se lancer. Commencer et recommencer quelque chose dont nous n’avions eu aucune idée au départ. Shimabuku nous livre le constat, aigre–doux des directions que prennent les évènements au cours de la vie.
Interactive, anecdotique et philosophique, l’œuvre de Shimabuku prend sa source à la frontière de notre inconscient, là ou tout est dit mais où seuls le temps et sa course infernale connaîtront la suite des événements.
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